Si la manière de s'habiller participe de l’expression personnelle de chacun, lorsque d’influents créateurs proposent de nouvelles coupes de vêtements ils affirment plus largement une vision politique ou sociale.
Ce fut notamment le cas d’Yves Saint Laurent en 1966 avec le smoking pour femmes. S’il avait déjà innové 6 ans plus tôt avec un Tailleur-Pantalon qui offrait une alternative élégante aux traditionnelles robes et jupes, c’est cette tenue complète qui transgressa véritablement les conventions de genre.
Autre symbole de l'émancipation féminine, conçu 40 ans plus tôt par Gabrielle "Coco" Chanel : la petite robe noire. Un vêtement simplifié avec cette coupe droite totalement affranchie du corset et, c’est ce qui choqua alors le plus, une longueur dévoilant les chevilles des femmes. Le choix de cette couleur historiquement associée au veuvage et au personnel de maison suscita également une controverse mais cela n’empêcha pas cette pièce de devenir un incontournable des garde-robes françaises et mondiales, tout comme un autre élément popularisé par Coco Chanel, la marinière inspirée elle des modestes marins.
Autre scandale ayant marqué l’histoire de la mode, la jupe pour homme présentée en 1984 par Jean Paul Gaultier. Avec ce vêtement détournant le traditionnel tartan écossais en l’inscrivant dans un contexte résolument moderne et urbain, l’avant-gardiste créateur remettait plus globalement en question les stéréotypes de genre. Un jeu sur les perceptions de la masculinité et de la féminité qui choqua bon nombre de conservateurs mais qui contribua à rendre la mode plus inclusive et diversifiée.
Un bel hommage en tout cas à Mary Quant, la créatrice britannique qui en 1960 osa… la minijupe ! Alors jugée indécente et provocante, cette pièce reste encore aujourd’hui emblématique de la lutte des femmes à disposer librement de leur apparence. Alors, pas si frivole que ça la mode, si ?
Valérie de Comme des Français
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Crédit photo : ©Galerie Dior / ©Helmut Newton