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Les différents types de maisons en France

Si l’on vous demande de penser à une maison française typique, est-ce un cottage fleuri aux volets bleus, une ferme en pierre massive ou encore une villa blanche aux tuiles rondes qui vous vient à l’esprit ? Cela dépendra sûrement de votre région d’origine, chacune ayant développé son propre langage architectural en fonction de son sol, de son climat ou de son économie. Plus que des choix esthétiques, ses styles variés sont en effet le fruit d’une histoire propre à chaque région. 

La loi du sol : construire avec ce que l’on a

À l’époque où le transport de matériaux lourds était un défi logistique et financier majeur, le pragmatisme dominait : on bâtissait avec ce que l’on trouvait sur place. L’architecture vernaculaire (qui est propre à un pays, à une ethnie) est donc d’abord une histoire de géologie.

Dans le bassin de la Garonne, par exemple, la pierre est rare. Durant l’Antiquité, les grands bâtisseurs qu’étaient les Romains faisaient donc venir des briques de terre de terre crue qui, une fois cuites, arboraient cette teinte valant aujourd’hui le surnom de "ville rose" à Toulouse.

Mieux dotées par la nature, les régions du Nord et d’Île-de-France ont historiquement pu compter sur leurs ressources en pierre calcaire et meulière pour construire des murs épais et clairs offrant une inertie thermique naturelle à leurs logements.
Plus à l’ouest, en Normandie, c’est la forêt qui était abondante. Le bois est donc devenu le matériau roi, donnant naissance aux maisons à colombages, où la structure en bois est remplie de torchis (un mélange d’argile, de paille et parfois de poils d’animaux).

Là où la roche est dure et omniprésente, comme en Bretagne granitique ou dans les Alpes, la pierre taillée directement dans le massif domine. 

Et pour les toits ? Là où l’on cultivait le blé on utilisait le chaume. Un matériau isolant et léger qui, avant d’être remplacé par l’ardoise dans les zones schisteuses, a couvert des millions de toits et a donné son nom aux chaumières normandes. 

Le duel avec le climat : quand la forme suit la fonction

Si le matériau dépend du sol, la forme de la maison, elle, dépend souvent du ciel. Prenons par exemple le mas provençal. Avec ses murs épais, ses petites fenêtres et sa structure trapue, il semble fait pour résister à un siège. C’est exactement le cas, mais l’ennemi n’est pas une armée, c’est le Mistral et le soleil d’été. Sa conception vise à garder la fraîcheur à l’intérieur quand le thermomètre explose et à offrir le moins de prise possible aux vents violents. Les toits à faible pente ne sont pas non plus le fruit du hasard : ils empêchent le vent de soulever les tuiles.

À l’opposé, dans l’Ouest breton ou normand, le défi est l’humidité et la tempête. Le "Penty" breton (penn pour "bout" et ty pour "maison") est souvent une maison basse, parfois protégée par des talus de terre pour ne pas subir de plein fouet les embruns salés venus de l’Atlantique. Ses toits sont très pentus, permettant à la pluie battante de s’écouler rapidement sans s’infiltrer. 
Le chaume, épais de plusieurs dizaines de centimètres, agit comme un imperméable naturel et un isolant thermique exceptionnel pour ces "bouts de maison".

En montagne, dans les Alpes ou les Vosges, le contexte météorologique oblige à composer avec la neige. Les chalets et les fermes alsaciennes arborent ainsi des toits à très forte pente pour que le manteau blanc glisse et n’écrase pas la charpente. 
Les grands débords de toit, ces auvents qui avancent loin sur les façades, ont aussi une double fonction : protéger le bois des murs de l’humidité et permettre de stocker le bois de chauffage à l’abri, tout en créant une galerie pour circuler autour de la maison, même par temps de neige.

Quand l’homme façonne le paysage

En plus de la pierre ou du climat, l’architecture raconte aussi l’histoire industrielle et sociale de la France. Dans le Nord, le "coron" est par exemple indissociable de l’épopée minière. Invention de la révolution industrielle, ces maisons de briques rouges, alignées et identiques, étaient construites en série par les compagnies minières pour loger les ouvriers à proximité des puits. Chaque coron disposait d’un jardin ouvrier, essentiel pour l’autosuffisance alimentaire des familles.

De même, la "longère" bretonne, cette ferme tout en longueur, répondait à une logique agricole précise. Sous un même toit, on retrouvait l’habitation des paysans, l’étable des bêtes et la grange des récoltes. Cette promiscuité était stratégique : la chaleur des animaux aidait à chauffer la maison en hiver, et tout le monde était protégé des éléments pour optimiser le travail quotidien.

Aujourd’hui, avec la globalisation des matériaux et le confort du chauffage central, on peut construire en verre en Bretagne ou en béton en Provence sans se soucier du climat local. Pourtant, ces maisons anciennes restent des leçons d’écologie et de bon sens. Même avec tous les apports de la modernité, il n’est d’ailleurs pas rare que les habitants de ses régions perpétuent les bonnes pratiques héritées de leurs aïeux lors de la construction de leur logement. Pas tant par nostalgie que par conviction : une architecture durable est d’abord une architecture qui écoute son territoire, qui utilise ses ressources locales et qui respecte son climat.


Valérie de Comme des Français


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