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Daniel Buren

Avec près de 2 000 expositions dans le monde entier, Daniel Buren fait partie des artistes les plus actifs et reconnus de l'art contemporain. Son travail jouant sur les rapports entre le fond et la forme suscite souvent des polémiques mais a été accueilli par de grandes institutions comme, récemment, le Palais de l’Elysée. Retour sur les œuvres emblématiques du lauréat 2017 du Praemium Impériale (le « prix Nobel » des Arts Visuels).
 

Une approche pluridisciplinaire

Né en 1938 à Boulogne-Billancourt, Daniel Buren intègre à 20 ans l’École des métiers d’arts où il étudie la peinture et la décoration générale. Assez vite sa réflexion s’oriente sur les modes de présentation de la peinture et, bien avant le street art, sur l’environnement dans lequel les œuvres sont présentées. Que ce soit pour un intérieur (galerie, monument) ou l’extérieur (paysage, architecture), il développe ainsi la notion de « travail in situ » et mets au point sa marque artistique : l’utilisation de bandes alternées, blanches ou colorées et dans des matériaux variés, permettant de renouveler la vision d’un site.

En mixant peinture, sculpture et architecture, Daniel Buren mise sur le pouvoir décoratif de l’art et a par exemple transfiguré le Guggenheim de New York (image ci-dessous) et la Fondation Vuitton. Couleurs, lumière, mouvement, espaces : ses installations jouent sur les points de vue et a valu à l’artiste le Lion d’Or à la Biennale de Venise en 1986.

Un scandale retentissant

Entre admiration et polémique, le travail de Daniel Buren ne laisse jamais indifférent. Ce fut particulièrement le cas en 1986 avec Les Deux Plateaux, commande publique pour la Cour d’honneur du Palais Royal.

Située près du ministère de la Culture et de la Comédie-Française, cette œuvre communément appelée « colonnes de Buren » occupe 3 000 m2 de ce site classé monument historique et est constituée d'un maillage de 260 cylindres tronqués. Toutes en marbre blanc de Carrare (matériau de prédilection de Michel-Ange et Rodin) et d'une largeur unique (8,7 cm), ces colonnes de 3 hauteurs différentes sont couvertes de rayures blanches et noires et sont dynamiquement disposées sur cette place ayant précédemment servi de parking pour les institutions attenantes.

A la fois référence à la statuaire antique et hommage à l’histoire du site, un haut lieu du divertissement parisien au 17ème siècle, l’œuvre de Daniel Buren a été conçue pour que le public investisse librement l’endroit. Et cela fonctionne ! La disposition en sorte de damier attire les enfants qui s’amusent à escalader les colonnes mais aussi les touristes qui font de cet endroit l’un des plus instagramés de la capitale.

Mais avant ce plébiscite populaire, Les Deux Plateaux ont fait couler beaucoup d’encre ! Trop moderne et intellectuel pour la Commission supérieure des monuments historiques, inesthétique et irrespectueux du patrimoine pour les riverains, le projet a fait l’objet de nombreuses pétitions et articles à charge (225 dans 45 journaux !) au point qu’il a failli être totalement avorté mais, de nombreuses procédures juridiques et un budget de 9 millions de francs plus tard, les 1ères colonnes n’ont pas été détruites et l’œuvre complète enfin inaugurée le 30 juillet 1986.

Son œuvre répond magnifiquement à l’architecture dans la continuité d’un travail où se croisent couleurs, transparence et lumière

Bernard Arnault, Président de la Fondation Louis Vuitton

Des œuvres monumentales

 

Redécouvrir la lumière du Grand Palais, c’est le défi relevé par Daniel Buren lors de l’édition 2017 du Monumenta. Les 13 500 m2 du bâtiment au célèbre dôme en verre ont été investis par l’artiste d’une « forêt » de disques plastiques colorés offrant aux visiteurs une multitude de jeux sur la lumière.

Haut de 3 m, chaque disque fonctionnait un peu comme un parasol avec, vu d’en dessous, de nombreuses variations de couleurs au sol et, en regardant de haut, de magnifiques effets de miroir dans tout l’espace.

Une oeuvre globale totalement en phase avec les caractéristiques du site et dans laquelle le public pouvait, là aussi, déambuler en toute liberté.

Autre célèbre travail de Daniel Buren : « L’Observatoire de la lumière » déployé sur les verrières de la Fondation Louis Vuitton. Constituées de 3 600 verres, les 12 voiles du bâtiment créé par Frank Gehry ont été recouvertes, en quinconce, de filtres colorés constitués de bandes alternativement blanches et vides. Selon les heures et les saisons, les 13 couleurs sélectionnées par l’artiste faisaient ainsi apparaître et disparaître des formes toujours changeantes.

Jouer sur le contraste, la transparence, les reflets et les couleurs : Daniel Buren est définitivement un plasticien moderne s’étant, pour notre plus grand plaisir, totalement affranchi du cadre de la toile !

Pour en savoir plus sur cet artiste français mondialement connu, rendez-vous ici ou découvrez, en vidéo, son approche artistique lors de l’édition 2017 du Monumenta.

Valérie de Comme des Français


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