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La cité royale de Loches

En plein cœur de la Touraine, la ville de Loches abrite un ensemble patrimonial unique : une véritable cité à l’histoire mouvementée. Construite sur un éperon rocheux et entourée d’une muraille, la cité royale de Loches se compose de deux bâtiments principaux : le donjon et le logis royal. Construit entre 1013 et 1035 par le téméraire Foulques Nerra, le donjon de Loches est aujourd’hui l’un des mieux conservés de son époque. Le logis date quant à lui du 14e siècle.

Destin royal

Le roi Charles VII en fait sa deuxième place forte, après Chinon, dès les années 1420. C’est là qu’il rencontre Jeanne d’Arc après son victorieux retour d’Orléans et qu’il commence à vivre de manière régulière avec celle qui deviendra la première favorite de l’histoire de France, Agnès Sorel.

Cette magnifique jeune femme apporte à la cour de son amant un souffle nouveau et un dynamisme qui ne plaît guère à l’entourage austère du roi. En 1450, à seulement 27 ans et enceinte de son quatrième enfant, elle meurt dans des conditions troubles qui laissent penser à un empoisonnement dont le premier suspect n’est autre que le dauphin Louis, futur Louis XII. Selon les volontés de Charles VII, celle que l’on surnomme encore « la Dame de Beauté » est enterrée dans la Collégiale Saint-Ours de Loches, à deux pas du logis qui fut sa résidence préférée. Au début du 16e siècle, celui-ci connaît d’importants travaux d’embellissement des décors dont le joyau est sans conteste l’oratoire d’Anne de Bretagne, reine célèbre pour être, dans l’histoire, la seule à avoir épousé deux rois de France, Charles VIII et Louis XII !

Cependant, malgré la prospérité de la cité, les Valois finissent par rejoindre l’Île-de-France et Loches plonge alors dans un long et profond sommeil dont elle se réveillera difficilement…
 

Destin carcéral

Dès le 15e siècle, des prisonniers de haut rang sont enfermés dans le donjon attenant au logis. Le plus célèbre d’entre eux est sans aucun doute le Duc de Milan, Ludovico Sforza, farouche ennemi de la couronne française. Dans une cellule privative de la Tour du Martelet, d’incroyables fresques murales témoignent, encore aujourd’hui, de ses quatre années de détention ! En 1792, le destin carcéral de Loches se confirme avec la création d’un tribunal et d’une prison révolutionnaires. Le nombre de cachots existants étant insuffisant, on réquisitionne le logis royal et les maisons des chanoines de la Collégiale. Officiellement créée en 1801, la Maison d’arrêt de Loches ferme définitivement ses portes en 1926. Elle ne contient alors que 3 occupants dont il est difficile d’évaluer les conditions de vie tant ils semblaient oubliés de tous.

Aujourd’hui propriété du Conseil Départemental d’Indre et Loire, la Cité royale de Loches a connu d’importantes restaurations et semble avoir retrouvé sa gloire d’antan. Elle propose la découverte de son logis et de sa prison mais aussi une programmation culturelle riche de nombreux événements ! Étape importante dans la découverte de la vallée des Rois, la cité royale de Loches ravira les passionnés d’Agnès Sorel autant que ceux qui s’intéressent au patrimoine carcéral.

Pour aller plus loin, visitez leur site internet.

Bérengère pour Comme des Français

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