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Le velours d’Amiens

Grâce au dynamisme de son industrie textile, la ville d’Amiens a longtemps été surnommée “la ville drapière”. A partir du 17ème siècle, on y fabrique deux sortes de velours : un par chaîne, appelé velours d’Utrecht, destiné à l’ameublement et fabriqué à partir de lin et de mohair, et un velours à côtes en coton destiné à l’habillement.
 

Un savoir-faire unique

C’est Napoléon Ier qui a lancé la mode du velours, considéré à l’époque comme un “tissu bourgeois”. L’impression en relief fut développée par Alexandre Bonvallet, qui créa la première Manufacture Royale d’Amiens en 1755.

La confection de velours se fait grâce à un procédé typiquement amiénois : pour le tissu d’ameublement, on gaufre le velours à l’aide d’un cylindre et on imprime en relief à l’aide d’une planche de cuivre. Les productions d’Amiens sont de très bonne qualité et rivalisent même avec le velours de Gênes. En 1765, Morgan et Delahaye sont les premiers à se lancer dans la fabrication de ce précieux tissu. Le succès fut tel que l’entreprise domina la production industrielle de la ville pendant deux siècles. Le textile était fabriqué par des dizaines de manufactures, dont le nombre a drastiquement diminué après le choc pétrolier de 1973.

A la fin des années 1990, l’Atelier Benoît Toscan relance l’impression sur velours destiné à l’ameublement grâce aux outils autrefois utilisés dans les Manufactures royales. Les derniers ateliers, les Tissages de Picardie et Les Usines Cosserat, ont disparu en 2008 avec l’ouverture des frontières.

La dynastie des Cosserat

Cette longue filiation familiale a participé à la renommée du velours d’Amiens pendant 200 ans. Dès1794, Pierre Cosserat ouvre son entreprise de fabrication et s’installe dans un quartier d’Amiens : il y vend ses étoffes à une clientèle aisée avant de se spécialiser dans les velours gaufrés d’Utrecht, puis dans la production de velours de coton et de velventines (velours lisses). L’entrepreneur les fait fabriquer dans les campagnes proches d’Amiens et sa Maison connaît un grand succès.

Eugène, le fils de Pierre, reprend l’entreprise à la mort de celui-ci en 1832. Il crée un tissage dans le quartier Saint-Leu où il fabrique des étoffes de laine et de soie avec des métiers Jacquard. Il est également l’un des premiers amiénois à s’équiper d’une machine à vapeur.

A son tour, le fils d’Eugène Oscar Cosserat prend la relève à 41 ans. Il diversifie sa production en produisant, en plus du velours côtelé, du velours lisse pour l’ameublement et l’habillement, dont seuls les Anglais maîtrisent la technique industrielle. Son fils, Pierre, achète les brevets à Manchester et ils construisent, à Montières, une immense usine avec une salle de 500 métiers à tisser, alimentés par l’une des plus grandes machines à vapeur d’Europe. Le site est aujourd’hui classé à l’inventaire des Monuments historiques.

Alors qu’elle se trouvait en redressement judiciaire, l’entreprise Cosserat est reprise en 2004 par l’entreprise allemande Cord & Velveton mais elle ferme définitivement en 2012.

Des visites et des expositions vous permettent de découvrir le patrimoine textile d’Amiens. Pour plus d’informations, c'est par ici.

Jessica de Comme des Français

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